Le Jardin des Plantes

gravure_du_jardin_des_plantesLe Jardin des Plantes est le plus ancien fleuron du patrimoine de la Faculté de Médecine. Plus de quatre siècles d’histoire commune unissent sans interruption ces deux institutions. Leur complémentarité découle d’un objectif commun, la connaissance, l’exaltation et la sauvegarde du vivant, de l’être humain pour la Faculté de Médecine, du monde végétal pour le jardin botanique.

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Guillaume Rondelet nommé régent en 1545

Au Moyen-Âge, Montpellier s’impose comme une cité commerçante, bien placée au contact de la mer, de la plaine et de la garrigue. Il s’y vend de simples épices pour la consommation courante mais aussi à usage thérapeutique. La médecine et plus généralement l’enseignement médical s’y développent. Parmi les enseignants, d’illustres savants occupent les chaires. Gui de Chauliac et Arnaud de Villeneuve furent des précurseurs, Michel de Notre Dame dit Nostradamus et Rabelais des élèves notables. Tous se préoccupent de Botanique.

Guillaume Rondelet fondateur de la botanique scientifique, à l’occasion d’un arrêt des grands jours de Béziers en octobre 1550, officialise l’herborisation. La cité sera l’une des principales capitales de la botanique mondiale jusqu’à nos jours.

Un Jardin des Plante trouve sa raison d’être, sinon dans la cité au moins dans l’esprit de ceux par lesquels le rayonnement de la ville se fera. Rondelet n’est-il pas lui-même le fils d’un « aromatarius » , c’est-à-dire d’un marchand d’épices? Son temps voit naître un modeste « hortulus » attaché à l’Université de médecine. Qui aurait pu dire alors qu’apparaîtrait bientôt, de la volonté d’Henri IV exprimée au terme de deux lettres patentes du 8 décembre 1593 et grâce à un passionné, le prestigieux Jardin Royal de Montpellier, 40 ans avant que Paris ne vît éclore le sien ?

Pierre Richer de Belleval

Pierre Richer de Belleval

C’est au médecin Pierre Richer qu’il convient dès à présent de rendre hommage, car c’est lui qui concrétisa, peu avant la fin du XVIe siècle, ce que la pensée des précurseurs avaient jadis cristallisé, en créant à Montpellier « un jardin royal » pour l’enseignement des plantes aux futurs médecins et apothicaires.
En 1662, sous le règne de Louis XIII, le premier « jardin médical » de Richer (ennobli sous le nom de Belleval) fut anéanti pendant le siège de Montpellier. Cette destruction entraîna, par contre coup, la création d’un second jardin royal à Paris, jardin qui ne fêtera son quatrième centenaire qu’en 2035.

Richer consacrera, sa vie durant, tous ses efforts et sa fortune à mener à bien ce projet. Il rétablit le jardin de Montpellier sur ses propres deniers et consacra les dix dernières années de sa vie à son embellissement en réparant inlassablement les outrages que lui avait fait subir la guerre civile. Par sa passion et par son oeuvre, Richer de Belleval s’inscrit dans la tradition des botanistes montpelliérains.

Le Jardin de Richer en 1602

Le Jardin de Richer en 1602

Dans l’Ancien Régime, le Jardin montpelliérain a connu d’éminents médecins-naturalistes comme Pierre Magnol, le plus grand botaniste de son époque, François Boissier de Sauvages, correspondant de Linné, Paul-Joseph Barthez, Antoine Gouan et bien d’autres. C’est dans son Ecole systématique, au rayonnement universel, que fut élaborée une première classification des plantes par famille et divulguée la méthode linnéenne en France. Ce haut lieu scientifique est consacré par les bustes de tous les savants qui ont oeuvré ici.

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Véritable prouesse technique par la savante utilisation de l’ombre et du soleil, le jardin devint bientôt un paradis pour l’esprit humaniste, illustré par des maîtres aussi habiles en médecine qu’en botanique ou en anatomie. Il est le rendez-vous donné par les vénérés maîtres, tant aux étudiants qu’aux curieux, durant lequel, parfois en compagnie de jardiniers, ils parcourent les allées à la découverte des plantes utiles ou curieuses. On y devise autant que l’on enseigne. On y expérimente autant que l’on observe, et cette tradition demeure pendant tout le XVIIIe siècle durant lequel le Jardin Royal est le théâtre d’un enseignement public.
A la fin du XVIIIe siècle, ce jardin faillit disparaître en même temps que l’enseignement de la médecine. Il connaît une seconde jeunesse à partir de 1800, du temps d’Auguste Broussonet, d’Augustin-Pyramus de Candolle, d’origine helvétique, et d’Alire Raffeneau-Delile qui entretenaient d’étroites relations avec le Muséum. Son renouveau est marqué par une belle orangerie datée de 1804. A deux reprises sa superficie augmente considérablement, entre 1808 et 1851, grâce à la municipalité de Montpellier qui acquiert divers terrains et en fait don à la faculté de Médecine. Sur désormais 4,5 hectares, le nombre des espèces en culture peut être, dès lors, augmenté notablement.

Le cénotaphe de Narcissa

Le cénotaphe de Narcissa

Nombreux sont les naturalistes qui ont perfectionné leurs connaissances lors d’un séjour à Montpellier, comme Thomas Platter, futur anatomiste de Bâle, Ogier Cluyt, deuxième préfet de Leyde, Pierre-Joseph Garidel et Joseph Pitton de Tournefort, aixois et compagnons d’herborisation, Jean-Baptiste Fusée-Aublet, spécialiste des ligneux exotiques, Philippe Commerson, rendu célèbre par l’expédition de Bougainville, Jacques-René Quoy qui accomplira 60 000 lieues de navigation et décrira maintes espèces animales et végétales, et bien d’autres…

En 1889, le jardin avoisine un Institut de Botanique, créé par le professeur Charles Flahault. Cet institut, ayant actuellement pour attache l’Université des Sciences et Techniques du Languedoc, est toujours un lieu de recherches, principalement dans le domaine de l’écologie.

Ouvert au public en 1841, il est fréquenté par une pléiade de botanistes, médecins et pharmaciens, écoliers et étudiants, mais aussi par des amateurs de la flore et des touristes, souvent étrangers au pays. Son charme romantique séduit de nombreux poètes, comme Paul Valéry et André Gide, qui viennent y méditer auprès du cénotaphe de Narcissa, une fabrique du XVIIIe siècle consacrant une légende touchante.

Au fond l'Institut de Botanique

Au fond l’Institut de Botanique

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De ces épisodes glorieux, Montpellier conserve de nombreuses traces, et notamment différents herbiers, issus de dons et legs. L’herbier des médecins, commencé par Chirac et Chicoyneau au XVIIe siècle, est à l’origine d’une collection de quatre millions d’échantillons végétaux. Et de collections iconographiques sans prix.

La botanique médicale du Moyen-Âge fut le ferment de l’essor de la science botanique moderne à Montpellier. Le jardin des plantes de Montpellier correspond actuellement pour échanges de graines avec plus de 700 autres instituts similaires de par le monde.

Situé à l’angle du boulevard Henri IV et de la rue Auguste-Broussonnet, le Jardin des Plantes élève gracieusement vers le ciel ses frondaisons, témoins vivants et glorieux de l’enracinement d’une Université au cœur de sa ville. Jardin, Université et Ville demeurent liés par plusieurs siècles d’histoire commune, faisant de cette cité, aux dires d’Urbain V, «un riant jardin de science» .

Le Jardin des plantes en quelques chiffres

Classé site protégé le 12 février 1982, il est classé Monument Historique depuis le 3 septembre 1992.
Superficie : 46 460 m2

Collections :

  • Nombre de végétaux à ciel ouvert : 2200 espèces dont 760 arbres.
  • Nombre de végétaux en serres : 1000 espèces, réparties entre :
    • l’orangerie (1804)
    • les serres Planchon : 5 chapelles dont la plus grande consacrée aux plantes d’Amérique du Sud,
    • la serre Martins : cactacées et plantes succulentes,
    • la serre Harant : arbustes tropicaux.

Statuaire importante, avec une quinzaine de bustes des médecins-naturalistes ayant oeuvré au jardin des Plantes, le monument de Rabelais (1921) et le tombeau de Narcissa (1785-1810).

Fonction pédagogique, avec annuellement :

  • des visites universitaires : 200 étudiants de pharmacie et de sciences,
  • des visites scolaires : 3000 élèves,
  • des stages des professions agricoles et paysagères : 20 à 30 stagiaires,
  • des ateliers de « connaissance des plantes médicinales » pour enfants (300 enfants), ateliers parrainés par l’Institut Klorane,
  • la participation à l’opération « adoptez un jardin » du Ministère de l’Éducation Nationale avec mini-guide de visite et CD-Rom (collège de Fontcarrade à Montpellier)

Activité d’échanges, avec :

  • l’envoi de l’Index Seminum vers 100 pays étrangers correspondant à 700 jardins botaniques (950 espèces proposées, récoltées au Jardin ou in natura),
  • envois correspondant à 150 à 230 demandes honorées, représentant 1530-2650 sachets,
  • réceptions correspondant à 230 demandes, représentant 800 sachets.

Accueil du public :

  • 120 000 à 130 000 entrées annuelles (accès libre),
  • visites organisées pour des groupes de 20 à 30 personnes (sur rendez-vous),
  • manifestations « grand public » à l’occasion du Temps des Jardins (DIREN) et des Journées du Patrimoine (DRAC).
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Montpellier :
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2 rue Ecole de Médecine
CS 59001
34060 Montpellier
Cedex 2
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Fax : 04 34 43 35 13
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