Les collections patrimoniales de la Bibliothèque Universitaire

bibliotheque_de_medecineDu Roman de la Rose à la Description de l’Égypte, la Bibliothèque Universitaire de Médecine de Montpellier conserve des collections patrimoniales qui dépassent largement le cadre médical, pourtant lui aussi bien représenté.

Gabriel Prunelle

Gabriel Prunelle

Cette situation a priori étonnante trouve son origine dans la période post-révolutionnaire, quand Gabriel Prunelle, médecin et bibliothécaire mandaté par Chaptal, s’en alla faire le tour des « dépôts littéraires » pour constituer, pratiquement de toutes pièces, une bibliothèque digne de la prestigieuse École de Médecine montpelliéraine. Avec une érudition et un dévouement remarquables, il mit sur pied un fonds encyclopédique dont la richesse et la cohérence forcent l’admiration.

Les neuf cents volumes de manuscrits, dont les deux tiers médiévaux (et 59 de la période carolingienne), parfois richement enluminés, et les cent mille volumes imprimés avant le XIXe siècle -sans compter trois cents incunables- furent en effet pour l’essentiel rassemblés par ses soins, même si la collection fut ensuite complétée par d’autres dons comme ceux de Barthez (5000 ouvrages surtout dans le domaine scientifique).

Les manuscrits

Le fonds de manuscrits constitue le trésor et la grande originalité de la bibliothèque : il est absolument exceptionnel de trouver un tel ensemble de textes de tous les domaines au sein d’une Faculté de Médecine.

Trinité et Jeu de la main chaude, Chansonnier dit de Montpellier, XIIIe

Trinité et Jeu de la main chaude, Chansonnier dit de Montpellier, XIIIe

Pour la période médiévale, on constate une prépondérance de la littérature : lettres classiques mais aussi romans de chevalerie – un Perceval de Chrétien de Troyes, deux Romans de la Rose – ou encore poètes italiens tels Dante et Pétrarque. Viennent ensuite les manuscrits religieux : bibles richement illustrées, corans, sommes théologiques de Grégoire le Grand ou Isidore de Séville, gros volumes hagiographiques, bréviaires et missels.

Les manuscrits médicaux essentiels sont là : Hippocrate et Galien, Avicenne, Rhazes, Albucasis (en deux exemplaires enluminés dont un en langue gasconne). Mais les auteurs du Moyen-Âge sont tout aussi présents avec les Chirurgies de Guy de Chauliac ou de Roger de Parme (véritable bande dessinée destinée aux apprentis médecins-chirurgiens) et les oeuvres d’Arnaud de Villeneuve. Un projet d’étude et de mise en valeur de ces manuscrits par leur numérisation est en cours.

On trouve ensuite les sciences sociales (droit, histoire et géographie) et enfin les sciences exactes et naturelles (astronomie, zoologie, chimie et bien sûr alchimie). La même diversité se retrouve dans les langues utilisées (latin bien sûr mais aussi grec, arabe, italien, langue d’oïl et langue d’oc, etc.) et dans l’aspect matériel des manuscrits, des riches ouvrages décorés aux documents de travail annotés, constituant un vaste panorama des différentes formes de l’écrit à cette période.

Les imprimés anciens

Vésale, De humani corpore fabrica libri VII, 1555

Vésale, De humani corpore fabrica libri VII, 1555

Le fond des ouvrages imprimés ne le cède cependant en rien à celui des manuscrits quant à la valeur et à l’intérêt. Si la médecine devient ici prépondérante (45%), les lettres, les sciences, l’histoire et la géographie sont en proportion comparable (13 à 17%). L’importance des ouvrages bibliographiques et généraux (11% du total) montre bien le souci d’équiper la bibliothèque d’outils de référence et de travail suffisants.

On trouvera donc tous les grands dictionnaires et encyclopédies dont celle de Diderot et d’Alembert, des grammaires dans plus de trente langues -y compris le gaélique ou le tibétain, les grandes relations de voyage dans le monde entier, la littérature antique (en particulier dans les éditions aldines) mais aussi classique, la philosophie, etc. Les sciences sont très représentées avec, outre les principaux auteurs antiques, les oeuvres de tous les grands savants de l’Ancien Régime, de Copernic à Condorcet et d’Olivier de Serres à Lavoisier, sans oublier Buffon ou Gesner aux célèbres illustrations.

Mais la part la plus belle, on l’a dit, est pour la médecine, avec une collection d’ouvrages anciens qui va de Vésale à Ambroise Paré et de Harvey à Laennec, en passant par les « montpelliérains » Astruc, Barthez ou Théophile de Bordeu, ou plus récemment Flourens ou Jeanbrau. Elle est sans doute l’une des plus riches après celle de la Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine de Paris.

La bibliothèque abrite également d’autres types de documents patrimoniaux : thèses anciennes de médecine de Montpellier et Paris depuis le XVIIe siècle, périodiques anciens, et enfin archives de l’École depuis le Moyen-Âge, parmi lesquelles les registres d’inscription, qui nous permettent d’admirer les autographes des étudiants célèbres, tels Michel de Notre-Dame ou Théophraste Renaudot, sans oublier bien sûr le plus fameux, François Rabelais.

La Dissection - Gui de Chauliac, Grande Chirurgie, XIVe

La Dissection – Gui de Chauliac, Grande Chirurgie, XIVe

Aujourd’hui, la Bibliothèque Universitaire conserve sur neuf kilomètres linéaires de rayonnage toutes les collections médicales (ouvrages, thèses et périodiques) jusque dans les années 1990. Depuis l’ouverture en 1993 de la bibliothèque de l’Unité Pédagogique Médicale à proximité des hôpitaux, les acquisitions courantes se sont recentrées sur les étudiants de premier cycle, qui sont accueillis dans la salle de lecture historique aux boiseries chaleureuses. Une autre salle est réservée aux chercheurs pour la consultation des fonds patrimoniaux.

Cantor et musicus

La Bibliothèque a réalisé en 2000 le cédérom multimédia « Cantor et musicus », premier exemple de valorisation de notre fonds ancien par la numérisation. Avec des extraits de 43 manuscrits, dont les deux chefs-d’œuvre de la musique médiévale et de l’enluminure que sont le Tonaire du XIe siècle et surtout le Chansonnier du XIIIe siècle, toute la musique notée du fonds est reproduite, tandis qu’un florilège d’enluminures représentant des instruments de musique offre en contrepoint un paysage sonore et coloré. Le site web Manuscrits-bumed.cines.fr complète le cédérom.

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